Peindre des ciels

Récit de l’atelier « Histoire de » – Atelier de pratique graphique et picturale à la Maison d’Arrêt d’Arras – Du 26 mars au 12 avril 2012.

Je dois dire que m’y étant préparé autant que possible, le premier cours a constitué une ouverture réussie de l’atelier. Il a d’ailleurs été plus difficile, au cours des deux séances qui ont suivi, de retrouver une telle ambiance, du fait, certainement, que j’ai cherché à proposer des exercices plus précis, plus réglés, et donc, telle est l’erreur, plus contraignants.
Au premier cours, nous étions assez nombreux, la Conseillère d’Insertion et Probation chargée de la coordination des activités culturelles et une étudiante de l’université d’Artois étant également présentes tout du long. J’ai tout de suite proposé de dessiner avec le premier outil qui venait, avec pour seule consigne – une aide et non une contrainte : choisissez la couleur qui pourrait correspondre à votre humeur, là maintenant, et faites ce que vous voulez ; griffonnez, dessinez, ce que vous voulez. J’ai moi même commencé sur une feuille, lançant ainsi le mouvement. Dès que certains avaient l’air bloqués ou avaient l’air d’avoir fini, j’échangeais leur dessin avec celui d’un autre, ils devaient à peindre des ciels, des nuages très vivants, avec un geste qui semblait s’être approprié depuis longtemps. L’une des deux œuvres finales réalisée était inspirée de Van Gogh, ciel d’orage ou ciel aux corbeaux noirs. Cet homme avait non seulement une formation en trompe l’œil, mais il était aussi fan de Van Gogh, de Monet et Cézanne. Avec deux autres participants, ils ont travaillé toute une série de paysages. Il se chargeait donc toujours de faire le ciel, tandis qu’un autre s’occupait de la terre ou de la plaine, et le troisième des éléments tels que les arbres, les oiseaux, un banc, une fenêtre…

E. D., 2015

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